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Lecture du 15 février 2013
- par Revue VERSO
le 03/02/2013 @ 18:02
Lecture le vendredi 15 février à 19 heures 10 rue Bourgelat Lyon 2° arrondissement
Lecture le vendredi 15 février à 19 heures 10 rue Bourgelat Lyon 2° arrondissement 
Lecture du 27 mai 2011
- par Revue VERSO
le 25/05/2011 @ 20:20
Verso à la salle Bourgelat vendredi 27 mai 2011 à 19 heures 10, rue Bourgelat (à côté de la Mairie)
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Verso à la salle Bourgelat vendredi 27 mai 2011 à 19 heures 10, rue Bourgelat (à côté de la Mairie)

Présentation du numéro 144
- par Revue VERSO
le 07/03/2011 @ 10:01

Verso 144 mars 2011 préface par alain wexler Contre Se voir dans la proie, c’est rendre l’âme un peu. Tel est le paradoxe. C’est à ce prix que nous nous reconnaissons dans l’autre, supposant que l’autre, que n’importe quel autre risque le rôle de la proie. Il ne s’agit ni de pitié ni de charité mais de réaliser une société humaine où tous ont des devoirs de solidarité les uns envers les autres. J’entends déjà : qu’est-ce que cela vient faire dans une réflexion sur le poème ? Le poème comme son nom l’indique, création, est à l’origine de la langue. La langue est fondatrice du groupe qui la parle, qui va édicter des lois, des règles qui garantiront l’harmonie sociale. Ce système n’a pas survécu à l’appétit des plus forts. Il y eut l’esclavage, la tyrannie, la féodalité, la démocratie confisquée et maintenant, aboutissement de cette dernière : le libéralisme économique qui n’est autre que la dictature des plus riches sur les plus pauvres. La fondation de la langue dévoyée ; la fondation de l’idée humaine dévoyée. La femme, l’avenir de l’homme, disait-on. Roland Dauxois campe une femme dont le sexe avale une galaxie. C’est aussi l’utopie, Geneviève Vidal dit qu’ils veulent l’assassiner. C’est vrai, c’est dans les traités de l’Europe. Pas d’autre salut que cette société marchande. Donc nous ne sommes pas nés encore. Naître pour l’homme, c’est se faire comprendre or un système qui refuse d’entendre la voix des hommes ne les considère plus comme tels. Ils auront recours aux réparateurs d’âmes avec l’électricité, la chimie. Le rêve, foutaise, pour eux. Le rêve qui répare l’âme, meurtrie de ne plus pouvoir faire corps avec l’objet de son désir ! Les surréalistes, horrifiés de ce que l’on venait de faire subir aux hommes dans les tranchées de 14-18, revendiquèrent l’imaginaire des rêves et une société juste. Vous connaissez la suite. Les textes qui suivent sont plus ou moins inspirés par cette pensée. Sinon, la quête de l’autre, le désir de se connaître, la souffrance qui porte le monde comme dit Line Szöllösi. marie-véronique buntzly Après que le coup a porté Longtemps encore suinte la blessure Et la proie longtemps s’effraie L’archer à la main sûre Ajuste et tire le trait Longtemps la proie s’effraie L’air tremble un peu pour l’arc qui s’incline Longtemps la proie décline Au ciel qui s’est coupé et dans son bleu crève d’azur Longtemps la proie s’effraie De même nos yeux s’étirent lorsqu’ils voient le forfait Porté par une main sûre Après, longtemps rougit et suinte la blessure La proie gémit, le mal se fait Encore avec désinvolture xxx Un jour, de bon matin, j’ai rendu l’âme Car je n’avais rien d’autre Que ce sourire blessé Moi qui n’ai jamais supplié J’ai rendu l’âme Moi qui jamais ne réclame La part des autres Quand j’ai faim Je supporte, je m’abstiens Moi qui toujours me retiens A la poignée d’une branche Qui menace de ployer Sous les coups dont jamais je ne me revanche Ni épargnée Par la folie du sort Ni injuriée Moi qui jamais ne mords A pleine dent Sauf accident Quand parfois survient l’aurore Altière Au chant du rossignol Sifflant son petit air D’école A moi qui n’ai pas oublié Ou si peu, ou pas assez De si indirecte façon. Je hais cette chanson. Un jour, de bon matin, j’ai perdu l’âme Que j’ai rendue, car j’avais tort Parfois lente est la mort Qui creuse Imite la pierre Bienheureuse Au cimetière Où le silence est d’or Quand moi, toujours patiente Par le jour qui s’absente Je clame Haut et fort J’ai mal à l’âme A réveiller les morts. Edmun Var Naufrage à l’aube des astrocytes (Les turbulences du corps) Monsieur, Vous qui êtes un grand Professeur en * * * dans ce très célèbre hôpital parisien, vous qui êtes si sollicité qu’il faut attendre de longs mois pour pouvoir vous rencontrer, vous qui avez un service entier portant votre nom, écrit en lettres capitales en plusieurs endroits du bâtiment, Monsieur le Professeur dont je tairai le nom, savez-vous bien à qui vous avez affaire tous les jours de votre vie ? Vous êtes-vous jamais demandé qui vous faisiez entrer, toutes les dix minutes, dans votre cabinet ? Soupçonnez-vous seulement à quel genre de créatures vous ouvrez votre porte, et sur qui vous la refermez ? Ceux qui viennent vous consulter ne sont pas des âmes égarées qui, après avoir traversé les épreuves nécessaires, se trouveraient apaisées par l’imminence de leur béatification. Ce ne sont pas non plus des criminels repentis ayant purgé leur peine, attendant qu’on leur remette les effets civils qu’ils portaient le jour de leur arrestation, et dans lesquels ils feront semblant de reprendre leur-vie-d’avant-comme-si-de-rien-n’était. Non. Ceux qui patientent derrière votre porte ne sont pas des êtres en attente. Ils en ont fini depuis longtemps avec toute forme d’espoir. L’espoir, c’est un train qu’ils ont raté ; le seul qui se rendait à la destination qu’il voulaient atteindre. Ceux qui patientent derrière votre porte essaient seulement de tuer le temps. Ça les distrait de leur plus grande obsession le désir d’en finir une bonne fois pour toutes avec la vie. La vie qui s’essuie tous les jours les pieds sur leur dignité. Regardez les venir... Ce sont des chevaux enfermés dans une écurie en flammes, des chiens qui ont parcouru la terre entière. Ce sont des bêtes battues, crottées, habituées aux coups de pieds dans le ventre, à la famine, à la pluie froide et à la peur. Ce sont des êtres sur le qui-vive, des déportés, des individus réveillés la nuit et chassés de chez eux, séparés de leur famille et emmenés dans des wagons vers des destinations inconnues. Ce sont des Africains arrachés à leur Afrique pour aller servir le café à de belles femmes blanches, en chantant les louanges d’un dieu qui ne les a pas créés. Ce sont des jardiniers dont la tempête a saccagé les roses, les jasmins et les bougainvilliers, dont le gel a brûlé les arbres fruitiers. Ce sont des enfants affamés devant la devanture d’une boulangerie. Ce sont des fantômes qui errent dans leurs villes bombardées, qui cherchent la rue où ils habitaient, les femmes qu’ils protégeaient, les enfants qu’ils ont élevés. Ce sont des orphelins qu’on traîne à la messe sous la neige, la nuit de Noël. Et lorsque vous ouvrez votre porte, c’est tout cela qui se précipite dans votre bureau de notaire, toute cette difformité qui se trouve face à votre sourire de spécialiste, toute cette opacité qui cligne des yeux devant votre menton lumineux. Et cette population d’animalerie se sent gênée en découvrant l’ordre travaillé de votre spacieux cabinet, la blancheur du papier jetable qui recouvre le divan d’auscultation, les dossiers superposés le long des murs, la tasse de café sur un coin du bureau, la multitude de stylos rangés dans leurs étuis, les trois téléphones disposés selon des règles secrètes et savantes, à différentes distances de votre grand fauteuil de cuir. Elle sursaute quand la pimpante petite secrétaire frappe à la porte pour vous apporter un message urgent. Elle est attentive pendant que vous échangez avec elle une aimable plaisanterie. Elle est hébétée lorsqu’enfin de votre voix la plus aimable, vous l’invitez à s’exprimer «Je vous écoute...» (suite dans la revue !) ISABELLE GROSSE C’était une femme, un homme, une rue. Une course, un élan. Vite, prenez-moi dans vos bras comme si nous nous connaissions depuis toujours. Embrassez-moi comme si nous nous aimions depuis longtemps. Et restons ainsi, comme si nous allions vieillir ensemble. Un gros jaloux chaleureux se liquéfia à la pensée de cette éternité là. C’était des coquelourdes cramoisies. C’était un phare éteint. Personne n’était plus jamais venu le réparer. C’était une île perdue dans les brumes. Une île aux confins de nulle part. Des herbes folles avaient recouvert la jetée de pierre. Une femme contemplait ce spectacle du haut d’un mât planté dans le ventre d’une baleine échouée. C’était une tulipe rouge sang au cœur poudré d’ébène. C’était une pièce de théâtre, une pièce de monnaie, une pièce devenue sombre, une cellule, un costume taillé sur mesure dans une pièce de tissus mensongers, une pièce à quatre mains, jeu de vilain, une pièce en trois temps. C’était lorsque l’hiver fait la fleur belle. • Cousue la bouche tout au fond les mots cousue la bouche vas-tu te taire cousus les mots dedans à l’envers • Mon grand-père connaît la musique Mon grand-père connaît la musique Il est musicien il joue du violon et de l’accordéon Au bal le samedi il fait danser les gens. Mon grand-père connaît la musique Le tango le paso et puis la valse aussi Tous les samedis. Un beau jour de mars mon grand-père est pris On l’a trahi Avec d’autres on l’emmène loin là-bas très loin On les entasse tous dans des baraques en bois où il fait froid où il fait triste où il fait faim C’est à la mort à la vie Mon grand-père comme les autres Il n’a pas choisi d’être ici pourtant il est chez l’ennemi
Dans les baraques il y a les autres la famille les amis et il y a lui Ce sera à la mort à la vie Mon grand père connaît la musique c’est un bon musicien L’ennemi est mélomane. Mon grand-père est musicien il est jeune il joue bien L’ennemi le sait L’ennemi veut un spectacle Un beau spectacle musical L’ennemi organise des représentations De grandes représentations gratuites et publiques Publiques et obligatoires L’ennemi choisit L’ennemi trie L’ennemi veut un spectacle un vrai Un spectacle mémorable Un spectacle à la vie à la mort Mon grand-père est musicien Il joue pour ses amis Spiel spiel. Doch doch. Spiel encore (petite vitrine pour un n° de 131 pages riche en culs de lampes avec les œuvres d’Henri Cachau, les chroniques habituelles etc.) .../...

Verso 144 mars 2011 préface par alain wexler Contre Se voir dans la proie, c’est rendre l’âme un peu. Tel est le paradoxe. C’est à ce prix que nous nous reconnaissons dans l’autre, supposant que l’autre, que n’importe quel autre risque le rôle de la proie. Il ne s’agit ni de pitié ni de charité mais de réaliser une société humaine où tous ont des devoirs de solidarité les uns envers les autres. J’entends déjà : qu’est-ce que cela vient faire dans une réflexion sur le poème ? Le poème comme son nom l’indique, création, est à l’origine de la langue. La langue est fondatrice du groupe qui la parle, qui va édicter des lois, des règles qui garantiront l’harmonie sociale. Ce système n’a pas survécu à l’appétit des plus forts. Il y eut l’esclavage, la tyrannie, la féodalité, la démocratie confisquée et maintenant, aboutissement de cette dernière : le libéralisme économique qui n’est autre que la dictature des plus riches sur les plus pauvres. La fondation de la langue dévoyée ; la fondation de l’idée humaine dévoyée. La femme, l’avenir de l’homme, disait-on. Roland Dauxois campe une femme dont le sexe avale une galaxie. C’est aussi l’utopie, Geneviève Vidal dit qu’ils veulent l’assassiner. C’est vrai, c’est dans les traités de l’Europe. Pas d’autre salut que cette société marchande. Donc nous ne sommes pas nés encore. Naître pour l’homme, c’est se faire comprendre or un système qui refuse d’entendre la voix des hommes ne les considère plus comme tels. Ils auront recours aux réparateurs d’âmes avec l’électricité, la chimie. Le rêve, foutaise, pour eux. Le rêve qui répare l’âme, meurtrie de ne plus pouvoir faire corps avec l’objet de son désir ! Les surréalistes, horrifiés de ce que l’on venait de faire subir aux hommes dans les tranchées de 14-18, revendiquèrent l’imaginaire des rêves et une société juste. Vous connaissez la suite. Les textes qui suivent sont plus ou moins inspirés par cette pensée. Sinon, la quête de l’autre, le désir de se connaître, la souffrance qui porte le monde comme dit Line Szöllösi. marie-véronique buntzly Après que le coup a porté Longtemps encore suinte la blessure Et la proie longtemps s’effraie L’archer à la main sûre Ajuste et tire le trait Longtemps la proie s’effraie L’air tremble un peu pour l’arc qui s’incline Longtemps la proie décline Au ciel qui s’est coupé et dans son bleu crève d’azur Longtemps la proie s’effraie De même nos yeux s’étirent lorsqu’ils voient le forfait Porté par une main sûre Après, longtemps rougit et suinte la blessure La proie gémit, le mal se fait Encore avec désinvolture xxx Un jour, de bon matin, j’ai rendu l’âme Car je n’avais rien d’autre Que ce sourire blessé Moi qui n’ai jamais supplié J’ai rendu l’âme Moi qui jamais ne réclame La part des autres Quand j’ai faim Je supporte, je m’abstiens Moi qui toujours me retiens A la poignée d’une branche Qui menace de ployer Sous les coups dont jamais je ne me revanche Ni épargnée Par la folie du sort Ni injuriée Moi qui jamais ne mords A pleine dent Sauf accident Quand parfois survient l’aurore Altière Au chant du rossignol Sifflant son petit air D’école A moi qui n’ai pas oublié Ou si peu, ou pas assez De si indirecte façon. Je hais cette chanson. Un jour, de bon matin, j’ai perdu l’âme Que j’ai rendue, car j’avais tort Parfois lente est la mort Qui creuse Imite la pierre Bienheureuse Au cimetière Où le silence est d’or Quand moi, toujours patiente Par le jour qui s’absente Je clame Haut et fort J’ai mal à l’âme A réveiller les morts. Edmun Var Naufrage à l’aube des astrocytes (Les turbulences du corps) Monsieur, Vous qui êtes un grand Professeur en * * * dans ce très célèbre hôpital parisien, vous qui êtes si sollicité qu’il faut attendre de longs mois pour pouvoir vous rencontrer, vous qui avez un service entier portant votre nom, écrit en lettres capitales en plusieurs endroits du bâtiment, Monsieur le Professeur dont je tairai le nom, savez-vous bien à qui vous avez affaire tous les jours de votre vie ? Vous êtes-vous jamais demandé qui vous faisiez entrer, toutes les dix minutes, dans votre cabinet ? Soupçonnez-vous seulement à quel genre de créatures vous ouvrez votre porte, et sur qui vous la refermez ? Ceux qui viennent vous consulter ne sont pas des âmes égarées qui, après avoir traversé les épreuves nécessaires, se trouveraient apaisées par l’imminence de leur béatification. Ce ne sont pas non plus des criminels repentis ayant purgé leur peine, attendant qu’on leur remette les effets civils qu’ils portaient le jour de leur arrestation, et dans lesquels ils feront semblant de reprendre leur-vie-d’avant-comme-si-de-rien-n’était. Non. Ceux qui patientent derrière votre porte ne sont pas des êtres en attente. Ils en ont fini depuis longtemps avec toute forme d’espoir. L’espoir, c’est un train qu’ils ont raté ; le seul qui se rendait à la destination qu’il voulaient atteindre. Ceux qui patientent derrière votre porte essaient seulement de tuer le temps. Ça les distrait de leur plus grande obsession le désir d’en finir une bonne fois pour toutes avec la vie. La vie qui s’essuie tous les jours les pieds sur leur dignité. Regardez les venir... Ce sont des chevaux enfermés dans une écurie en flammes, des chiens qui ont parcouru la terre entière. Ce sont des bêtes battues, crottées, habituées aux coups de pieds dans le ventre, à la famine, à la pluie froide et à la peur. Ce sont des êtres sur le qui-vive, des déportés, des individus réveillés la nuit et chassés de chez eux, séparés de leur famille et emmenés dans des wagons vers des destinations inconnues. Ce sont des Africains arrachés à leur Afrique pour aller servir le café à de belles femmes blanches, en chantant les louanges d’un dieu qui ne les a pas créés. Ce sont des jardiniers dont la tempête a saccagé les roses, les jasmins et les bougainvilliers, dont le gel a brûlé les arbres fruitiers. Ce sont des enfants affamés devant la devanture d’une boulangerie. Ce sont des fantômes qui errent dans leurs villes bombardées, qui cherchent la rue où ils habitaient, les femmes qu’ils protégeaient, les enfants qu’ils ont élevés. Ce sont des orphelins qu’on traîne à la messe sous la neige, la nuit de Noël. Et lorsque vous ouvrez votre porte, c’est tout cela qui se précipite dans votre bureau de notaire, toute cette difformité qui se trouve face à votre sourire de spécialiste, toute cette opacité qui cligne des yeux devant votre menton lumineux. Et cette population d’animalerie se sent gênée en découvrant l’ordre travaillé de votre spacieux cabinet, la blancheur du papier jetable qui recouvre le divan d’auscultation, les dossiers superposés le long des murs, la tasse de café sur un coin du bureau, la multitude de stylos rangés dans leurs étuis, les trois téléphones disposés selon des règles secrètes et savantes, à différentes distances de votre grand fauteuil de cuir. Elle sursaute quand la pimpante petite secrétaire frappe à la porte pour vous apporter un message urgent. Elle est attentive pendant que vous échangez avec elle une aimable plaisanterie. Elle est hébétée lorsqu’enfin de votre voix la plus aimable, vous l’invitez à s’exprimer «Je vous écoute...» (suite dans la revue !) ISABELLE GROSSE C’était une femme, un homme, une rue. Une course, un élan. Vite, prenez-moi dans vos bras comme si nous nous connaissions depuis toujours. Embrassez-moi comme si nous nous aimions depuis longtemps. Et restons ainsi, comme si nous allions vieillir ensemble. Un gros jaloux chaleureux se liquéfia à la pensée de cette éternité là. C’était des coquelourdes cramoisies. C’était un phare éteint. Personne n’était plus jamais venu le réparer. C’était une île perdue dans les brumes. Une île aux confins de nulle part. Des herbes folles avaient recouvert la jetée de pierre. Une femme contemplait ce spectacle du haut d’un mât planté dans le ventre d’une baleine échouée. C’était une tulipe rouge sang au cœur poudré d’ébène. C’était une pièce de théâtre, une pièce de monnaie, une pièce devenue sombre, une cellule, un costume taillé sur mesure dans une pièce de tissus mensongers, une pièce à quatre mains, jeu de vilain, une pièce en trois temps. C’était lorsque l’hiver fait la fleur belle. • Cousue la bouche tout au fond les mots cousue la bouche vas-tu te taire cousus les mots dedans à l’envers • Mon grand-père connaît la musique Mon grand-père connaît la musique Il est musicien il joue du violon et de l’accordéon Au bal le samedi il fait danser les gens. Mon grand-père connaît la musique Le tango le paso et puis la valse aussi Tous les samedis. Un beau jour de mars mon grand-père est pris On l’a trahi Avec d’autres on l’emmène loin là-bas très loin On les entasse tous dans des baraques en bois où il fait froid où il fait triste où il fait faim C’est à la mort à la vie Mon grand-père comme les autres Il n’a pas choisi d’être ici pourtant il est chez l’ennemi
Dans les baraques il y a les autres la famille les amis et il y a lui Ce sera à la mort à la vie Mon grand père connaît la musique c’est un bon musicien L’ennemi est mélomane. Mon grand-père est musicien il est jeune il joue bien L’ennemi le sait L’ennemi veut un spectacle Un beau spectacle musical L’ennemi organise des représentations De grandes représentations gratuites et publiques Publiques et obligatoires L’ennemi choisit L’ennemi trie L’ennemi veut un spectacle un vrai Un spectacle mémorable Un spectacle à la vie à la mort Mon grand-père est musicien Il joue pour ses amis Spiel spiel. Doch doch. Spiel encore (petite vitrine pour un n° de 131 pages riche en culs de lampes avec les œuvres d’Henri Cachau, les chroniques habituelles etc.) 
Lecture du 17 décembre 2010
- par Revue VERSO
le 15/12/2010 @ 17:41
Théâtre au Carré 30
- par Revue VERSO
le 15/10/2010 @ 18:52
2 pièces à voir du 14 octobre 2010 au 31 octobre 2010 "Le Caillou rouge" "Le coureur de fond" Les jeudis, vendredis et samedis à 20h30 Dimanches à 17h30 Avec : Michel Desthieux Régis Evellier Muriel Carrupt J.P Cossard Maurice Raux .../...
2 pièces à voir du 14 octobre 2010 au 31 octobre 2010 "Le Caillou rouge" "Le coureur de fond" Les jeudis, vendredis et samedis à 20h30 Dimanches à 17h30 Avec : Michel Desthieux Régis Evellier Muriel Carrupt J.P Cossard Maurice Raux 
Alain Wexler expose ses photographies
- par Revue VERSO
le 31/08/2010 @ 18:59
Alain Wexler expose ses photographies à la librairie Le Bal des Ardents vernissage de l’exposition le mardi 14 septembre 2010, de 17 h 30 à 21 h à la librairie Le Bal des Ardents 17, rue Neuve 69001 Lyon animation autour d’un livre de Carole Dailly, avec interludes musicaux sur divers instruments L’exposition durera du lundi 13 au samedi 18 septembre 2010 .../...
Alain Wexler expose ses photographies à la librairie Le Bal des Ardents vernissage de l’exposition le mardi 14 septembre 2010, de 17 h 30 à 21 h à la librairie Le Bal des Ardents 17, rue Neuve 69001 Lyon animation autour d’un livre de Carole Dailly, avec interludes musicaux sur divers instruments L’exposition durera du lundi 13 au samedi 18 septembre 2010 
Présentation du numéro 142
- par Revue VERSO
le 31/08/2010 @ 18:42
VERSO 142 préface d’alain wexler Où se perdre ? Où se perdre ? Dans quel repli de chair, dans quel trou, dans quelle rue mouillée, dans quel salon de beauté, sous les bombes, dans l’odeur de caramel de la cire épilatoire, afin que les femmes de Beyrouth aient toujours les jambes belles ? Où se perdre ? Il n’y a que l’embarras du choix dans cette société des hommes quireniant la solidarité, invente les spéculations les plus mortelles. Dans ce recueil, perce cette angoisse : y aura-t-il un avenir ? Serge Lalyr dit : « Destination la Voie Lactée ». La femme qui détruit les preuves qui pourraient compromettre son mari dans une affaire de meurtres abominables est bien actuelle. L’indicible rattrape la poésie. Une fable qui vient d’être illustrée par l’affaire de Parthenay : Ida Grinspan rescapée d’Auschwitz censurée. Pas le droit de dire que des gendarmes l’ont arrêtée à l’âge de 14 ans. Cela ferait du tort aux gendarmes qui obéissaient alorsaux «autorités légitimes». Devra-t-on arrêter d’écrire bientôt pour résister à nouveau contre l’indicible ? Comme en ces temps-là René Char. Où se perdre ? Dans l’autre, parce qu’il y a toujours quelque chose de neuf à découvrir chez l’autre alors que l’on croit tout connaître chez soi ? L’on peut ainsi perdre pied dans l’amour de l’autre comme dans les textes de Hatton ou de Charvet. Dans une autre pensée, parce que l’unifier, c’est la mort, dit Cathy Ko. A la rencontre du Minotaure dans le labyrinthe ? C’est à l’image de ce recueil où chacun ou presque tente de se perdre. Mais faut-il se perdre pour se retrouver, faute de retrouver l’autre ! Je pense à l’image de la fillette qui tient une bougie allumée dans un des dessins de Picasso de Minotauromachie, préfiguration de Guernica. CHOIX DE TEXTES Carolina Ortiz Ricaurte Les coplas à la pomme de terre En 1980, étant chercheur à l’Institut Caro y Cuervo de Bogotá, je découvris au Département de Dialectologie qu’il existait des archives de milliers de coplas populaires, de dictons et proverbes, de dizains et de chansons. Ces archives avaient été constituées par Francisco Suárez Pineda, qui, de son entrée au Département en 1958 jusqu’à sa mort en 1972, avait recueilli personnellement les matériaux dans tous les lieux du pays où se réalisait l’Atlas linguistique et ethnographique de Colombie (ALEC) et dans d’autres qu’il avait visités seul. Il me sembla que ces archives avaient un intérêt majeur et j’eus l’autorisation de trier, classer et annoter les coplas, ce qui donna lieu à un livre de 800 pages que je remis en 1983 pour publication, mais les aléas de l’administration de l’Institut firent qu’il resta inédit. C’est dans ce livre que j’ai choisi les coplas qui évoquent la pomme de terre présentées ici. Le mot copla vient du latin copula, qui signifie « union, accouplement ». La copla est donc une réunion de quatre vers généralement à contenu satirique, et qui prend la forme d’une joute oratoire entre deux copleros ou trouvères. L’un d’eux défie le public où quelqu’un accepte le défi ; s’ensuit une dispute en vers. Celui qui fera les meilleurs vers et improvisera le plus de coplas sera déclaré vainqueur. Les strophes de la copla se composent chacune de quatre vers de sept et huit pieds : la structure la plus fréquente est 8-7-8-7, le second et le quatrième heptasyllabe rimant. Il existe des coplas plus complexes où riment de plus le premier et le troisième vers. La rime est en général riche. En Colombie, les coplas sont des créations de la zone andine. Au Venezuela et dans les Savanes orientales de Colombie, les coplas sont chantées (de là leur nom local de cantas) au rythme du joropo, genre de musique typique de ces régions. Sur la côte atlantique, les decimas ou dizains sont plus courants. Bien que la copla soit arrivée en Amérique d’Espagne sous la forme de chants de Noël (villancicos), de saetas et de trovas, le chroniqueur Lucas Fernández de Piedrahita rapporte que les Indiens muiscas « chantaient des chants ordonnés avec mesure et harmonie à la façon des endechas et de villancicos. Dans ce genre de vers et de musique, ils relataient des hauts faits pour magnifier ou vitupérer les actions de leurs ancêtres. » C’est ce que le peuple fait avec les coplas : magnifier ou vitupérer les hommes politiques, les amis, les ennemis, les auditeurs ou les rivaux, ou tout simplement décrire la nature. Nous pouvons alors déduire que comme le peuple colombien, la copla est métisse. La paysannerie colombienne a beaucoup changé. Avec la télévision qui atteint tous les recoins du pays et la guerre permanente qui depuis 1948 a entraîné le déplacement forcé de millions de paysans, je ne crois pas qu’il subsiste beaucoup de « copleros ». Les jeunes générations créent d’autres formes de musique populaire, où la copla n’a pas sa place. La copla n’est plus une expression orale, elle entre au musée que constitue la littérature écrite. Il m’est donc très agréable de vous présenter ce petit échantillon de coplas dédiées à la pomme de terre, que j’ai choisies pour que Consuelo Uribe puisse les chanter au Festival « La pomme de terre est bonne à rêver » que j’ai organisé à la Maison des Sciences de l’Homme du 19 au 31 janvier 2009. Cette présentation fait ressortir l’humour et la satire qui caractérisent ce genre poétique de la paysannerie colombienne. Il est dommage que la traduction française ne puisse en rendre la forme, mais elle tente d’en garder la verve et le piquant. stéphanie oudin Le jeûneur achève le règne du potentat qui exile les sujets dans l’étroitesse des foyers, partout où le monde fait par l’homme ne devient pas scène pour l’action et la parole. Il est dépris de la glu des foyers, de l’intimité des familles, il apporte le glaive qui sépare l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère ; il aura pour ennemis les gens de sa maison. Le jeûneur jeûne car il s’emploie au dénuement, échappé de l’emprise exacerbée de la quantité. Le jeûneur, par le miracle de la nudité dont il s’est emparé et de la dépossession qu’il met en œuvre, engage, par capillarité, la génération, à se délester de l’énorme excédent pétrolifère que représente l’objet... Par capillarité en effet, quand certain cannibalisme meurt, tous les autres déménagent d’eux-mêmes, comme des puces d’un hérisson mort. Ne se laissant traverser par nulle matière putrescible, le jeûneur ne boit que de l’eau, en foi de quoi il peut se pencher sur le visage nu et incompressible d’autrui. • «(...) II y a une trame unitaire qui doit être recherchée par des efforts de synthèse (...)» (Ernesto Sabato). Celles que je vois, habituellement, se balancer dans la rue que, au sortir de l’angle de mon immeuble je percute, aujourd’hui je leur ressemble, je suis Elles, une longue tige érectile, l’abdomen saurien se développant sur la base de ses émancipations spiralées. De préférence, ces jours-là, il faut mettre pantalon pour bien accentuer, un jean, le plus pouilleux soit-il, et dans lequel tout moule fessier devient méritoire. Que le tronc danse sur ses bases, il est si souple et reptile, c’est ma cittadella, petite cité, ossue offensive à la chair. Le tronc est la signature anorexique, c’est lui qui scelle mon combat. Les jambes ne sont pas grandes mais bien proportionnées, et si graciles; il faut que le jean miteux augmente ce qu’ils pensent, tant de talent dans les jambes, et s’enlaidir comme ça, regardez elle flotte si c’est pas désolant de se réduire et de dé-séduire comme ça pour faire, comme des garçons. Laisser entrevoir que, si elle se mettait en valeur, quelle splendeur dévoilée. La démarche est nonchalante. On branle bien dans les hauteurs, c’est déluge de sur-puissance. Pour la boulimique que je suis, ces états paroxystiques de surpuissance, je les appelle, états de synthèse. Tout l’être qui est le corps se retrouve condensé, parfaitement élaboré autour de son axe. • L’état de synthèse se déclare quand la consistance du corps passe au degré catalyseur du processus auto-phage. La conscience du cran advient à une période où certaines régions typiques se sont sensiblement réduites, la tournure des hanches, le ventre, les bras, les épaules. Ce corps soustrait du graphisme de ses formes possède la vitesse de l’à-plat, il est apparenté à ses rectitudes. Le déclic, – conscience du départ des reliefs – survient avec la perspective d’une « sortie » mondaine, de la rencontre d’un groupe, ou d’un individu à séduire. • Tantôt tu es la fille belle, tu sens la longue fibrille en toi, une longue tige qui t’enfile en entier, qui te fait hausser svelte à encourage-plume, tu te déroules du conduit de ton corps, tu arbores les surfaces tel un écorché, escarres escavasses, les surfaces vives sont toutes à prendre, elles brûlent d’imminences ; ton corps se fait plein appel. La sève monte. Alors, tu descends vers le grave, à l’involucre du foyer vibratoire. Y faire venir la ville m’emnène dans ce conduit d’autonomie outrageuse, la ville est à moi. Mais voyons ce qui est réalisable, là. Il suffit de l’élaborer dans la propitiation des draps. La fille est tranquille, ailleurs et mauvaise. Elle est l’aristocratie de la ville ; l’homme est le bas salaire, l’homme non diététique de la caravane, ou bien : La fille belle est présentée en cadeau d’anniversaire à mes filsô mes fils « ô pavois gras d’ascendance moyen-orientale, la mère pré-tâte les formes de fille pour leur vanter la marchandise, avant de la leur offrir. Elle la leur lègue. Ou des scènes d’éreintement, le premier fils repu, féru des poitrines, se sert pour son cadeau d’anniversaire ; il est assis. Le deuxième fils recuit, simplement vu de dos, en croupe ténébrante. La fille est à peine visible. Sur la fin d’une crise, les forces éthériques sont poussées au maximum, on devient animal fluide, la lymphe descend vers le sexe, le sexe involucré s’épand et larmoie ; c’est dans cette maturité faite d’inconscience que peut naître le juste, le plus excitant des fantasmes ; la conscience descend dans le sang du sexe. Il faut rechercher l’image vive, idoine ; alors on met en scène les plus hideux, les plus luxurieux et glissants, les plus miséreux, compris dans la pratique du besoin à assouvir sur le lieu animal où ils marquent le besoin. L’homme informe est vu de dos, il a baissé son pantalon, c’est l’homme-pige couvert, d’un tégument bien achalandé, le flan de fesse aux labours ; il accomplit le sens de son désir, le regard n’existe pas. Il a pris une proie au hasard, une midinette aussi vulgaire que sensuelle, la jupe était courte, elle a précipité le besoin ; l’homme la coince sur le capot d’une voiture, elle ne résiste pas, elle mâche un chewing-gum et regarde ailleurs. Mon ventre s’élargit, je palpe chaque excroissance, me heurte à la résistance des matériaux. FRANCK LEGAUD à beyrouth Caramel l’odeur du caramel dans le salon de beauté Si belle à Beyrouth dans une rue de la ville abîmée qui se reconstruit peu à peu l’odeur et surtout la couleur du caramel cette couleur brun doré ce soleil roux en filaments que les doigts étirent appliquent sur la peau en larges bandes pour épiler les cuisses plus que des surfaces lisses et derrière la demi-transparence des stores baissés et des rideaux jaunes les destins de cinq femmes qui se croisent jour après jour Jayale la jolie maîtresse d’un homme marié qui n’a pas l’intention de divorcer Nisrine la musulmane qui se mariera bientôt cependant qu’elle n’est plus vierge elle craint la réaction de ses parents de son fiancé Jamale obsédée par son âge rêvant de tourner dans des spots publicitaires et voulant faire croire qu’elle a toujours ses règles Rima qui découvre avec une stupeur muette et émerveillée son attirance pour les femmes une cliente du salon en particulier à la chevelure profonde et soyeuse sous les doigts comme un fleuve profond et mystérieux et Rose les cheveux abîmés qui a sacrifié sa vie pour s’occuper de sa sœur une sœur âgée qui perd la tête et passe le clair de ses jours à ramasser les papiers dans les rues de Beyrouth ET l’odeur du caramel dans le salon de beauté
les doigts qui s’entrecroisent dans les cheveux emmêlés les destins qui se croisent et se mêlent dans le salon de beauté le liant du caramel l’onctueux de la pâte collante pour souder cimenter reboucher rafistoler les failles de cinq destins fissurés les rides au coin des yeux de Jamale l’hymen déchiré de Nisrine la musulmane la fêlure du désir chez Rima qui rêve à sa double et troublante personnalité l’amour partagé de Layale ayant pris le risque de passer pour une pute à ses yeux et la vie détruite de Rose entre une sœur qu’elle ne peut complètement détester et un homme qu’elle ne peut tout à fait aimer tous ces destins à recoller recoudre accepter assumer tous ces désirs à étouffer ou à combler cinq destins de femmes emmêlés dans le salon de beauté d’une rue de Beyrouth la ville « si belle» qui doit aussi se reconstruire se bâtir un nouvel avenir sur des ruines Beyrouth la blessée qui devra jeter à bas le voile des traditions avec le poids de ses deux religions avoir le courage (elle aussi) de se couper les cheveux pour retrouver sa liberté dans l’odeur du caramel et la couleur si belle de ses filaments translucides que des mains de femmes étirent appliquent et tirent d’un coup sec afin que toutes les femmes de Beyrouth aient à nouveau de belles jambes lisses. françois-humbert charvet Si la porte s’enflait de deux semblables yeux la vie serait ouverte mais resterait mie close – jolie fille je ne t’en veux plus qu’à moitié – il se passe entre deux portes la communion des âmes et je ne veux plus tuer. Te semble-t-il opportun de réanimer l’amour ? Si la porte s’ouvrait sur deux mains aux tiennes semblables – un pistolet et dans l’autre un couteau – même en me donnant le bâton boursouflé du souvenir je ne pourrais ; je t’ai sur le fil rasant pardonné et excuse moi le manque de logique amoureuse ANNE-LISE BLANCHARD Face à une photographie en noir et blanc. Assurance, fragilité, c’est un double miroir que nous tendent les jeunes femmes des années cinquante. Fragilité de toutes jeunes femmes qui se cachent l’inquiétude des jours futurs. Des jours qui pourraient être ceux de leur enfance, jours sans lait, sans feu ou sans père. Des jours qui pourraient être ceux de leurs mères prises dans la nasse des grossesses, de l’élevage, du sacrifice. Soumises à l’autorité, quand ce n’est pas le despotisme, d’une aïeule qui prend ainsi sa revanche sur la société des mâles. Assurance acquise avec l’accès au statut attendu, advenu, à une époque où les filles ne sont rien encore, de l’épouse, puis de la mère. Enfin on est posé dans la société, précieux bibelot qui se modèle, s’apprécie, s’évalue au regard d’autrui. Prendre figure, c’est prendre visage. Alors la parole s’entend, quand c’est l’épouse, ou la mère qui parle. Assurance de ce qui est achevé une fois pour toutes, quand il n’y a pas de refonte possible. Jeunes femmes tellement policées que le grain ténu de la personnalité s’estompe déjà à vingt ans. Gommage qui leur confère la fragilité des prématurés. Leur gravité aussi. L’espièglerie viendra sans doute plus tard, quand elles auront des petits-enfants. • Jeune fille de dos, mère ou sœur aînée à ses côtés. Légèrement cambrée pour mieux donner à imaginer ses formes. Nuque souple, on s’oublie docilement dans ce mouvement à peine perçu. On revient aux épaules, horizon mouvant où s’accroche la lumière, fragilité illusoire de la courbe qui s’angule. On se déplace, détaché de sa trajectoire, juste dans l’infime ondulation de cette crête devant soi. Silhouette aussi énigmatique que la voilette hitchkockienne, surtout quand la lumière joue avec la peau dans les ajours de la maille. Partagé avec elle le glissement de l’air sur la peau, et ce transport intime vers des émotions dont on ne sent que l’ombre. • Sur la photo, des robes se gonflent, voiles des mers lointaines. Rappelez-vous, on tournait jusqu’à l’étourdissement pour que s’envolent les robes soutenues par un jupon de tulle, les bras s’élevaient immenses et légers, l’air brûlait les cuisses. On s’effondrait les unes sur les autres dans des secousses de fou-rires. Le soleil comme une large main chauffait le décolleté du dos. Saveurs secrètes. Les petites filles d’instinct le savaient et s’approchaient tout près humer cet air de passion. • Et maintenant dire à voix autre nos corps de silex, faire glisser au passé antérieur grain et saveur. Apprendre à déchiffrer le braille de nos ridules, traces d’orages, d’affrontements secrets que nous avons coulés sur les ridains dans l’abandon des vents d’hiver. D’un doigt attentif suivre chaque pli, interroger nœuds et froissements et tout relief ou rugosité perceptibles. Nous savons désormais que nous allons doucement et ensemble vers une frontière au-delà de laquelle nous serons périssables, jusqu’à ce moment où nos lèvres de cire seront cachetées, la main suspendue dans son élan s’éploiera dans le clair-obscur avant de se confondre avec la blancheur du drap. Grignoter et rendre fondants ces moments échus en une grâce, brûler nos feux quotidiens sans frilosité, sans regrets. Nos fondations ont résisté aux débâcles de notre génération. Hanche contre hanche, comme l’arbre adossé au rocher nous faisons face au temps, enracinés l’un dans l’autre en un maillage ajusté de gestes et de signes, vers un sens qui s’ignore, sinon celui que nous lui fixons, fragile dans ses fugitives certitudes. Lentement nous épousons les galbes du temps, apprivoisons ses fragrances. Nous écoutons la lumière dans ses errances et nous réchauffons à notre souffle surpris toujours d’amants. Encore une fois nous nous éprenons de notre vertige, Nous redisons, ou plutôt imaginons des comptines qui n’éclipsent pas les acrobaties sonores des oiseaux. Nous inventons ce qui fut habité avant le mutisme définitif de nos corps. • Dans le chant des canaris entendre encore la mue du printemps, l’absence en écho. Compte à rebours du tirer de rideau. La parole est grevée de cailloux. Vite, passer la frontière dans l’éclair d’un baiser. Il arrive que le regard rencontre une balançoire et croie reconnaître, solidement posées dessus, des sandales blanches qui donnent le rythme, puis l’élan. Jouissance de la légèreté encore, jubilation de l’envol, cette esquisse de mouvement en apparence hors du temps, et dans cet instant étroit pousser la porte d’autres mondes. Le corps en allé, reste dans la lumière le mouvement d’une robe de toute jeune fille ou la rigidité d’un costume de baptême de petit enfant. extraits de « Un jour après l’autre », inédit jean-marc pelletier Le lit Quand la nuit approche, l’inspiration, qui est muse malicieuse, se glisse dans le lit du poète et inscrit le tracé de son joli corps sur le drap, en une invisible empreinte. Si le poète se pose exactement sur cette signature – bras droit replié à hauteur d’épaule, bras gauche allongé, jambes parfaitement jointes –, l’inspiration viendra le visiter dans son sommeil, tournant et repassant dans sa caboche comme la boule sur la roulette. Au réveil, le poète écrit immédiatement le poème offert. S’il ne s’en souvient pas (ce qui souvent survient), il en invente un autre. La feuille morte Ce matin, le poète combat l’égarement de ses pensées en roulant à bicyclette sur la voie sinueuse qui mène au parc. Une feuille morte se glisse entre l’asphalte et le caoutchouc. Le poète choit lourdement au beau milieu de l’automne. Il relève la feuille coupable et déchirée. Elle est ronde et jaune comme le soleil trop bas qui l’a ébloui. L’instrument du hasard est-il la feuille ou l’astre ? la chaussée humide ou le manque d’équilibre du cycliste ? Le poète glisse la feuille morte au milieu d’un cahier. Elle y jouera le rôle de vanité, rappelant que le hasard se rêve souvent destin et que ses instruments ont la banalité des choses mille fois vues. L’ordinateur Cédant à l’implacable contrainte de modernité, le poète s’est équipé d’un ordinateur ; et en use. Il apprécie l’écran. Et sa faculté d’inscrire immédiatement en caractères imprimés les vers de ses poèmes ; ce qui lui donne l’illusion délicieuse d’être sitôt publié et de ne pas stagner dans l’écriture manuscrite. Par contre, il estime moins le clavier. Tous ces caractères jetés en une pâture obscène le privent d’un miracle : tirer de son cerveau, comme d’un sac opaque les pièces d’un jeu de lettres, celles qui s’assembleront pour composer le mot choisi. Sur le clavier, tout est exposé, sans mystère. Dans sa substance grise, tout est caché ; et le poète ne désespère pas d’y trouver un jour un mot oublié, un mot inconnu, un mot neuf à offrir au monde avec modestie et fierté. Mais... tu peux aussi bien le trouver sur le clavier, ce mot nouveau. Et le poète de se mettre à bouder devant la machine. .../...
VERSO 142 préface d’alain wexler Où se perdre ? Où se perdre ? Dans quel repli de chair, dans quel trou, dans quelle rue mouillée, dans quel salon de beauté, sous les bombes, dans l’odeur de caramel de la cire épilatoire, afin que les femmes de Beyrouth aient toujours les jambes belles ? Où se perdre ? Il n’y a que l’embarras du choix dans cette société des hommes quireniant la solidarité, invente les spéculations les plus mortelles. Dans ce recueil, perce cette angoisse : y aura-t-il un avenir ? Serge Lalyr dit : « Destination la Voie Lactée ». La femme qui détruit les preuves qui pourraient compromettre son mari dans une affaire de meurtres abominables est bien actuelle. L’indicible rattrape la poésie. Une fable qui vient d’être illustrée par l’affaire de Parthenay : Ida Grinspan rescapée d’Auschwitz censurée. Pas le droit de dire que des gendarmes l’ont arrêtée à l’âge de 14 ans. Cela ferait du tort aux gendarmes qui obéissaient alorsaux «autorités légitimes». Devra-t-on arrêter d’écrire bientôt pour résister à nouveau contre l’indicible ? Comme en ces temps-là René Char. Où se perdre ? Dans l’autre, parce qu’il y a toujours quelque chose de neuf à découvrir chez l’autre alors que l’on croit tout connaître chez soi ? L’on peut ainsi perdre pied dans l’amour de l’autre comme dans les textes de Hatton ou de Charvet. Dans une autre pensée, parce que l’unifier, c’est la mort, dit Cathy Ko. A la rencontre du Minotaure dans le labyrinthe ? C’est à l’image de ce recueil où chacun ou presque tente de se perdre. Mais faut-il se perdre pour se retrouver, faute de retrouver l’autre ! Je pense à l’image de la fillette qui tient une bougie allumée dans un des dessins de Picasso de Minotauromachie, préfiguration de Guernica. CHOIX DE TEXTES Carolina Ortiz Ricaurte Les coplas à la pomme de terre En 1980, étant chercheur à l’Institut Caro y Cuervo de Bogotá, je découvris au Département de Dialectologie qu’il existait des archives de milliers de coplas populaires, de dictons et proverbes, de dizains et de chansons. Ces archives avaient été constituées par Francisco Suárez Pineda, qui, de son entrée au Département en 1958 jusqu’à sa mort en 1972, avait recueilli personnellement les matériaux dans tous les lieux du pays où se réalisait l’Atlas linguistique et ethnographique de Colombie (ALEC) et dans d’autres qu’il avait visités seul. Il me sembla que ces archives avaient un intérêt majeur et j’eus l’autorisation de trier, classer et annoter les coplas, ce qui donna lieu à un livre de 800 pages que je remis en 1983 pour publication, mais les aléas de l’administration de l’Institut firent qu’il resta inédit. C’est dans ce livre que j’ai choisi les coplas qui évoquent la pomme de terre présentées ici. Le mot copla vient du latin copula, qui signifie « union, accouplement ». La copla est donc une réunion de quatre vers généralement à contenu satirique, et qui prend la forme d’une joute oratoire entre deux copleros ou trouvères. L’un d’eux défie le public où quelqu’un accepte le défi ; s’ensuit une dispute en vers. Celui qui fera les meilleurs vers et improvisera le plus de coplas sera déclaré vainqueur. Les strophes de la copla se composent chacune de quatre vers de sept et huit pieds : la structure la plus fréquente est 8-7-8-7, le second et le quatrième heptasyllabe rimant. Il existe des coplas plus complexes où riment de plus le premier et le troisième vers. La rime est en général riche. En Colombie, les coplas sont des créations de la zone andine. Au Venezuela et dans les Savanes orientales de Colombie, les coplas sont chantées (de là leur nom local de cantas) au rythme du joropo, genre de musique typique de ces régions. Sur la côte atlantique, les decimas ou dizains sont plus courants. Bien que la copla soit arrivée en Amérique d’Espagne sous la forme de chants de Noël (villancicos), de saetas et de trovas, le chroniqueur Lucas Fernández de Piedrahita rapporte que les Indiens muiscas « chantaient des chants ordonnés avec mesure et harmonie à la façon des endechas et de villancicos. Dans ce genre de vers et de musique, ils relataient des hauts faits pour magnifier ou vitupérer les actions de leurs ancêtres. » C’est ce que le peuple fait avec les coplas : magnifier ou vitupérer les hommes politiques, les amis, les ennemis, les auditeurs ou les rivaux, ou tout simplement décrire la nature. Nous pouvons alors déduire que comme le peuple colombien, la copla est métisse. La paysannerie colombienne a beaucoup changé. Avec la télévision qui atteint tous les recoins du pays et la guerre permanente qui depuis 1948 a entraîné le déplacement forcé de millions de paysans, je ne crois pas qu’il subsiste beaucoup de « copleros ». Les jeunes générations créent d’autres formes de musique populaire, où la copla n’a pas sa place. La copla n’est plus une expression orale, elle entre au musée que constitue la littérature écrite. Il m’est donc très agréable de vous présenter ce petit échantillon de coplas dédiées à la pomme de terre, que j’ai choisies pour que Consuelo Uribe puisse les chanter au Festival « La pomme de terre est bonne à rêver » que j’ai organisé à la Maison des Sciences de l’Homme du 19 au 31 janvier 2009. Cette présentation fait ressortir l’humour et la satire qui caractérisent ce genre poétique de la paysannerie colombienne. Il est dommage que la traduction française ne puisse en rendre la forme, mais elle tente d’en garder la verve et le piquant. stéphanie oudin Le jeûneur achève le règne du potentat qui exile les sujets dans l’étroitesse des foyers, partout où le monde fait par l’homme ne devient pas scène pour l’action et la parole. Il est dépris de la glu des foyers, de l’intimité des familles, il apporte le glaive qui sépare l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère ; il aura pour ennemis les gens de sa maison. Le jeûneur jeûne car il s’emploie au dénuement, échappé de l’emprise exacerbée de la quantité. Le jeûneur, par le miracle de la nudité dont il s’est emparé et de la dépossession qu’il met en œuvre, engage, par capillarité, la génération, à se délester de l’énorme excédent pétrolifère que représente l’objet... Par capillarité en effet, quand certain cannibalisme meurt, tous les autres déménagent d’eux-mêmes, comme des puces d’un hérisson mort. Ne se laissant traverser par nulle matière putrescible, le jeûneur ne boit que de l’eau, en foi de quoi il peut se pencher sur le visage nu et incompressible d’autrui. • «(...) II y a une trame unitaire qui doit être recherchée par des efforts de synthèse (...)» (Ernesto Sabato). Celles que je vois, habituellement, se balancer dans la rue que, au sortir de l’angle de mon immeuble je percute, aujourd’hui je leur ressemble, je suis Elles, une longue tige érectile, l’abdomen saurien se développant sur la base de ses émancipations spiralées. De préférence, ces jours-là, il faut mettre pantalon pour bien accentuer, un jean, le plus pouilleux soit-il, et dans lequel tout moule fessier devient méritoire. Que le tronc danse sur ses bases, il est si souple et reptile, c’est ma cittadella, petite cité, ossue offensive à la chair. Le tronc est la signature anorexique, c’est lui qui scelle mon combat. Les jambes ne sont pas grandes mais bien proportionnées, et si graciles; il faut que le jean miteux augmente ce qu’ils pensent, tant de talent dans les jambes, et s’enlaidir comme ça, regardez elle flotte si c’est pas désolant de se réduire et de dé-séduire comme ça pour faire, comme des garçons. Laisser entrevoir que, si elle se mettait en valeur, quelle splendeur dévoilée. La démarche est nonchalante. On branle bien dans les hauteurs, c’est déluge de sur-puissance. Pour la boulimique que je suis, ces états paroxystiques de surpuissance, je les appelle, états de synthèse. Tout l’être qui est le corps se retrouve condensé, parfaitement élaboré autour de son axe. • L’état de synthèse se déclare quand la consistance du corps passe au degré catalyseur du processus auto-phage. La conscience du cran advient à une période où certaines régions typiques se sont sensiblement réduites, la tournure des hanches, le ventre, les bras, les épaules. Ce corps soustrait du graphisme de ses formes possède la vitesse de l’à-plat, il est apparenté à ses rectitudes. Le déclic, – conscience du départ des reliefs – survient avec la perspective d’une « sortie » mondaine, de la rencontre d’un groupe, ou d’un individu à séduire. • Tantôt tu es la fille belle, tu sens la longue fibrille en toi, une longue tige qui t’enfile en entier, qui te fait hausser svelte à encourage-plume, tu te déroules du conduit de ton corps, tu arbores les surfaces tel un écorché, escarres escavasses, les surfaces vives sont toutes à prendre, elles brûlent d’imminences ; ton corps se fait plein appel. La sève monte. Alors, tu descends vers le grave, à l’involucre du foyer vibratoire. Y faire venir la ville m’emnène dans ce conduit d’autonomie outrageuse, la ville est à moi. Mais voyons ce qui est réalisable, là. Il suffit de l’élaborer dans la propitiation des draps. La fille est tranquille, ailleurs et mauvaise. Elle est l’aristocratie de la ville ; l’homme est le bas salaire, l’homme non diététique de la caravane, ou bien : La fille belle est présentée en cadeau d’anniversaire à mes filsô mes fils « ô pavois gras d’ascendance moyen-orientale, la mère pré-tâte les formes de fille pour leur vanter la marchandise, avant de la leur offrir. Elle la leur lègue. Ou des scènes d’éreintement, le premier fils repu, féru des poitrines, se sert pour son cadeau d’anniversaire ; il est assis. Le deuxième fils recuit, simplement vu de dos, en croupe ténébrante. La fille est à peine visible. Sur la fin d’une crise, les forces éthériques sont poussées au maximum, on devient animal fluide, la lymphe descend vers le sexe, le sexe involucré s’épand et larmoie ; c’est dans cette maturité faite d’inconscience que peut naître le juste, le plus excitant des fantasmes ; la conscience descend dans le sang du sexe. Il faut rechercher l’image vive, idoine ; alors on met en scène les plus hideux, les plus luxurieux et glissants, les plus miséreux, compris dans la pratique du besoin à assouvir sur le lieu animal où ils marquent le besoin. L’homme informe est vu de dos, il a baissé son pantalon, c’est l’homme-pige couvert, d’un tégument bien achalandé, le flan de fesse aux labours ; il accomplit le sens de son désir, le regard n’existe pas. Il a pris une proie au hasard, une midinette aussi vulgaire que sensuelle, la jupe était courte, elle a précipité le besoin ; l’homme la coince sur le capot d’une voiture, elle ne résiste pas, elle mâche un chewing-gum et regarde ailleurs. Mon ventre s’élargit, je palpe chaque excroissance, me heurte à la résistance des matériaux. FRANCK LEGAUD à beyrouth Caramel l’odeur du caramel dans le salon de beauté Si belle à Beyrouth dans une rue de la ville abîmée qui se reconstruit peu à peu l’odeur et surtout la couleur du caramel cette couleur brun doré ce soleil roux en filaments que les doigts étirent appliquent sur la peau en larges bandes pour épiler les cuisses plus que des surfaces lisses et derrière la demi-transparence des stores baissés et des rideaux jaunes les destins de cinq femmes qui se croisent jour après jour Jayale la jolie maîtresse d’un homme marié qui n’a pas l’intention de divorcer Nisrine la musulmane qui se mariera bientôt cependant qu’elle n’est plus vierge elle craint la réaction de ses parents de son fiancé Jamale obsédée par son âge rêvant de tourner dans des spots publicitaires et voulant faire croire qu’elle a toujours ses règles Rima qui découvre avec une stupeur muette et émerveillée son attirance pour les femmes une cliente du salon en particulier à la chevelure profonde et soyeuse sous les doigts comme un fleuve profond et mystérieux et Rose les cheveux abîmés qui a sacrifié sa vie pour s’occuper de sa sœur une sœur âgée qui perd la tête et passe le clair de ses jours à ramasser les papiers dans les rues de Beyrouth ET l’odeur du caramel dans le salon de beauté
les doigts qui s’entrecroisent dans les cheveux emmêlés les destins qui se croisent et se mêlent dans le salon de beauté le liant du caramel l’onctueux de la pâte collante pour souder cimenter reboucher rafistoler les failles de cinq destins fissurés les rides au coin des yeux de Jamale l’hymen déchiré de Nisrine la musulmane la fêlure du désir chez Rima qui rêve à sa double et troublante personnalité l’amour partagé de Layale ayant pris le risque de passer pour une pute à ses yeux et la vie détruite de Rose entre une sœur qu’elle ne peut complètement détester et un homme qu’elle ne peut tout à fait aimer tous ces destins à recoller recoudre accepter assumer tous ces désirs à étouffer ou à combler cinq destins de femmes emmêlés dans le salon de beauté d’une rue de Beyrouth la ville « si belle» qui doit aussi se reconstruire se bâtir un nouvel avenir sur des ruines Beyrouth la blessée qui devra jeter à bas le voile des traditions avec le poids de ses deux religions avoir le courage (elle aussi) de se couper les cheveux pour retrouver sa liberté dans l’odeur du caramel et la couleur si belle de ses filaments translucides que des mains de femmes étirent appliquent et tirent d’un coup sec afin que toutes les femmes de Beyrouth aient à nouveau de belles jambes lisses. françois-humbert charvet Si la porte s’enflait de deux semblables yeux la vie serait ouverte mais resterait mie close – jolie fille je ne t’en veux plus qu’à moitié – il se passe entre deux portes la communion des âmes et je ne veux plus tuer. Te semble-t-il opportun de réanimer l’amour ? Si la porte s’ouvrait sur deux mains aux tiennes semblables – un pistolet et dans l’autre un couteau – même en me donnant le bâton boursouflé du souvenir je ne pourrais ; je t’ai sur le fil rasant pardonné et excuse moi le manque de logique amoureuse ANNE-LISE BLANCHARD Face à une photographie en noir et blanc. Assurance, fragilité, c’est un double miroir que nous tendent les jeunes femmes des années cinquante. Fragilité de toutes jeunes femmes qui se cachent l’inquiétude des jours futurs. Des jours qui pourraient être ceux de leur enfance, jours sans lait, sans feu ou sans père. Des jours qui pourraient être ceux de leurs mères prises dans la nasse des grossesses, de l’élevage, du sacrifice. Soumises à l’autorité, quand ce n’est pas le despotisme, d’une aïeule qui prend ainsi sa revanche sur la société des mâles. Assurance acquise avec l’accès au statut attendu, advenu, à une époque où les filles ne sont rien encore, de l’épouse, puis de la mère. Enfin on est posé dans la société, précieux bibelot qui se modèle, s’apprécie, s’évalue au regard d’autrui. Prendre figure, c’est prendre visage. Alors la parole s’entend, quand c’est l’épouse, ou la mère qui parle. Assurance de ce qui est achevé une fois pour toutes, quand il n’y a pas de refonte possible. Jeunes femmes tellement policées que le grain ténu de la personnalité s’estompe déjà à vingt ans. Gommage qui leur confère la fragilité des prématurés. Leur gravité aussi. L’espièglerie viendra sans doute plus tard, quand elles auront des petits-enfants. • Jeune fille de dos, mère ou sœur aînée à ses côtés. Légèrement cambrée pour mieux donner à imaginer ses formes. Nuque souple, on s’oublie docilement dans ce mouvement à peine perçu. On revient aux épaules, horizon mouvant où s’accroche la lumière, fragilité illusoire de la courbe qui s’angule. On se déplace, détaché de sa trajectoire, juste dans l’infime ondulation de cette crête devant soi. Silhouette aussi énigmatique que la voilette hitchkockienne, surtout quand la lumière joue avec la peau dans les ajours de la maille. Partagé avec elle le glissement de l’air sur la peau, et ce transport intime vers des émotions dont on ne sent que l’ombre. • Sur la photo, des robes se gonflent, voiles des mers lointaines. Rappelez-vous, on tournait jusqu’à l’étourdissement pour que s’envolent les robes soutenues par un jupon de tulle, les bras s’élevaient immenses et légers, l’air brûlait les cuisses. On s’effondrait les unes sur les autres dans des secousses de fou-rires. Le soleil comme une large main chauffait le décolleté du dos. Saveurs secrètes. Les petites filles d’instinct le savaient et s’approchaient tout près humer cet air de passion. • Et maintenant dire à voix autre nos corps de silex, faire glisser au passé antérieur grain et saveur. Apprendre à déchiffrer le braille de nos ridules, traces d’orages, d’affrontements secrets que nous avons coulés sur les ridains dans l’abandon des vents d’hiver. D’un doigt attentif suivre chaque pli, interroger nœuds et froissements et tout relief ou rugosité perceptibles. Nous savons désormais que nous allons doucement et ensemble vers une frontière au-delà de laquelle nous serons périssables, jusqu’à ce moment où nos lèvres de cire seront cachetées, la main suspendue dans son élan s’éploiera dans le clair-obscur avant de se confondre avec la blancheur du drap. Grignoter et rendre fondants ces moments échus en une grâce, brûler nos feux quotidiens sans frilosité, sans regrets. Nos fondations ont résisté aux débâcles de notre génération. Hanche contre hanche, comme l’arbre adossé au rocher nous faisons face au temps, enracinés l’un dans l’autre en un maillage ajusté de gestes et de signes, vers un sens qui s’ignore, sinon celui que nous lui fixons, fragile dans ses fugitives certitudes. Lentement nous épousons les galbes du temps, apprivoisons ses fragrances. Nous écoutons la lumière dans ses errances et nous réchauffons à notre souffle surpris toujours d’amants. Encore une fois nous nous éprenons de notre vertige, Nous redisons, ou plutôt imaginons des comptines qui n’éclipsent pas les acrobaties sonores des oiseaux. Nous inventons ce qui fut habité avant le mutisme définitif de nos corps. • Dans le chant des canaris entendre encore la mue du printemps, l’absence en écho. Compte à rebours du tirer de rideau. La parole est grevée de cailloux. Vite, passer la frontière dans l’éclair d’un baiser. Il arrive que le regard rencontre une balançoire et croie reconnaître, solidement posées dessus, des sandales blanches qui donnent le rythme, puis l’élan. Jouissance de la légèreté encore, jubilation de l’envol, cette esquisse de mouvement en apparence hors du temps, et dans cet instant étroit pousser la porte d’autres mondes. Le corps en allé, reste dans la lumière le mouvement d’une robe de toute jeune fille ou la rigidité d’un costume de baptême de petit enfant. extraits de « Un jour après l’autre », inédit jean-marc pelletier Le lit Quand la nuit approche, l’inspiration, qui est muse malicieuse, se glisse dans le lit du poète et inscrit le tracé de son joli corps sur le drap, en une invisible empreinte. Si le poète se pose exactement sur cette signature – bras droit replié à hauteur d’épaule, bras gauche allongé, jambes parfaitement jointes –, l’inspiration viendra le visiter dans son sommeil, tournant et repassant dans sa caboche comme la boule sur la roulette. Au réveil, le poète écrit immédiatement le poème offert. S’il ne s’en souvient pas (ce qui souvent survient), il en invente un autre. La feuille morte Ce matin, le poète combat l’égarement de ses pensées en roulant à bicyclette sur la voie sinueuse qui mène au parc. Une feuille morte se glisse entre l’asphalte et le caoutchouc. Le poète choit lourdement au beau milieu de l’automne. Il relève la feuille coupable et déchirée. Elle est ronde et jaune comme le soleil trop bas qui l’a ébloui. L’instrument du hasard est-il la feuille ou l’astre ? la chaussée humide ou le manque d’équilibre du cycliste ? Le poète glisse la feuille morte au milieu d’un cahier. Elle y jouera le rôle de vanité, rappelant que le hasard se rêve souvent destin et que ses instruments ont la banalité des choses mille fois vues. L’ordinateur Cédant à l’implacable contrainte de modernité, le poète s’est équipé d’un ordinateur ; et en use. Il apprécie l’écran. Et sa faculté d’inscrire immédiatement en caractères imprimés les vers de ses poèmes ; ce qui lui donne l’illusion délicieuse d’être sitôt publié et de ne pas stagner dans l’écriture manuscrite. Par contre, il estime moins le clavier. Tous ces caractères jetés en une pâture obscène le privent d’un miracle : tirer de son cerveau, comme d’un sac opaque les pièces d’un jeu de lettres, celles qui s’assembleront pour composer le mot choisi. Sur le clavier, tout est exposé, sans mystère. Dans sa substance grise, tout est caché ; et le poète ne désespère pas d’y trouver un jour un mot oublié, un mot inconnu, un mot neuf à offrir au monde avec modestie et fierté. Mais... tu peux aussi bien le trouver sur le clavier, ce mot nouveau. Et le poète de se mettre à bouder devant la machine. 
Lecture du 4 juin 2010
- par Revue VERSO
le 30/05/2010 @ 19:40
Réservez votre soirée du 4 juin 2010 à 19 heures 10 rue Bourgelat 69002 Lyon Liront leurs textes : Michel Bret Valérie Canat de Chizy Armelle Chitrit Valérie Harkness
Réservez votre soirée du 4 juin 2010 à 19 heures 10 rue Bourgelat 69002 Lyon Liront leurs textes : Michel Bret Valérie Canat de Chizy Armelle Chitrit Valérie Harkness 
Signatures et lectures Alain Wexler signera son dernier livre : ECHELLES Paru aux éditions Henry A la librairie LE BAL DES ARDENTS 17 rue Neuve Lyon 1er Le mercredi 10 mars 2010 à partir de 17 heures xxx Par ailleurs Alain Wexler lira au Carré Trente rue Pizay Lyon 1er Le mardi 16 mars Puis le mercredi 7 avril à la bibliothèque de la Part-Dieu à 18 heures 30 Le programme de la Scène Poétique réunira donc ce soir-là : Alain Wexler et James Sacré xxx La revue Verso vous invite à une lecture de GEORGES CHICH JACKIE PLAETEVOET BARBARA SAVOURNIN CLAUDE VERCEY A la salle BOURGELAT, 10, rue Bourgelat 69002 Lyon A côté de la mairie du 2ème Le vendredi 19 mars 2010 à 19 heures xxx La Librairie La Lucarne des Ecrivains et la revue Verso vous invitent à entendre : Jean Bensimon Alexandra Bougé Line Szöllösi Alain Wexler A l’occasion de la sortie du n° 140 de la revue Verso
Le samedi 27 mars 2010 à 19 heures 30 La Lucarne des Ecrivains 115 rue de l’Ourcq 75019 Paris (métro Crimée) .../...
Signatures et lectures Alain Wexler signera son dernier livre : ECHELLES Paru aux éditions Henry A la librairie LE BAL DES ARDENTS 17 rue Neuve Lyon 1er Le mercredi 10 mars 2010 à partir de 17 heures xxx Par ailleurs Alain Wexler lira au Carré Trente rue Pizay Lyon 1er Le mardi 16 mars Puis le mercredi 7 avril à la bibliothèque de la Part-Dieu à 18 heures 30 Le programme de la Scène Poétique réunira donc ce soir-là : Alain Wexler et James Sacré xxx La revue Verso vous invite à une lecture de GEORGES CHICH JACKIE PLAETEVOET BARBARA SAVOURNIN CLAUDE VERCEY A la salle BOURGELAT, 10, rue Bourgelat 69002 Lyon A côté de la mairie du 2ème Le vendredi 19 mars 2010 à 19 heures xxx La Librairie La Lucarne des Ecrivains et la revue Verso vous invitent à entendre : Jean Bensimon Alexandra Bougé Line Szöllösi Alain Wexler A l’occasion de la sortie du n° 140 de la revue Verso
Le samedi 27 mars 2010 à 19 heures 30 La Lucarne des Ecrivains 115 rue de l’Ourcq 75019 Paris (métro Crimée) 
Lecture du 18 décembre 2009 et sortie du numéro 139
- par Revue VERSO
le 09/12/2009 @ 12:14
La lecture aura lieu Salle Bourgelat (69002 Lyon) à 19 heures. Auteurs invités : Cécile Ochsenbein, Jean Antonini, Jean-Louis Jacquier-Roux, Ménaché. Vous pourrez trouver et vous faire dédicacer les parutions des auteurs. Muriel Carrupt, Régis, et Alain Wexler liront un choix de textes du numéro 139. En exposition également, de nouvelles cartes postales de Sophie Wexler. Réservez votre soirée ! Le numéro 139 a été expédié le 7 décembre. Vous pourrez découvrir les auteurs et quelques extraits en ligne, dès la fin de cette semaine. Bonne lecture. .../...
La lecture aura lieu Salle Bourgelat (69002 Lyon) à 19 heures. Auteurs invités : Cécile Ochsenbein, Jean Antonini, Jean-Louis Jacquier-Roux, Ménaché. Vous pourrez trouver et vous faire dédicacer les parutions des auteurs. Muriel Carrupt, Régis, et Alain Wexler liront un choix de textes du numéro 139. En exposition également, de nouvelles cartes postales de Sophie Wexler. Réservez votre soirée ! Le numéro 139 a été expédié le 7 décembre. Vous pourrez découvrir les auteurs et quelques extraits en ligne, dès la fin de cette semaine. Bonne lecture. 
lecture du 02 octobre 2009
- par Revue VERSO
le 31/08/2009 @ 16:44
verso à la salle Bourgelat vendredi 2 octobre 2009 à 18 heures 45 10, rue Bourgelat Lyon 2ème (à côté de la Mairie) Muriel Carrupt; Audrey, Régis, Alain Wexler & la revue Verso vous invitent à une lecture multiple et un buffet. Liront leurs textes : Muriel Carrupt Carole Dailly Jean-Baptiste Monat Michel Serraille Verso propose à la parution de son numéro 138une lecture publique où seront mis en scène et en voix un choix de textes tirés de la revue. Entrée: 3 € buffet compris Verso revue fondée en 1977 .../...
verso à la salle Bourgelat vendredi 2 octobre 2009 à 18 heures 45 10, rue Bourgelat Lyon 2ème (à côté de la Mairie) Muriel Carrupt; Audrey, Régis, Alain Wexler & la revue Verso vous invitent à une lecture multiple et un buffet. Liront leurs textes : Muriel Carrupt Carole Dailly Jean-Baptiste Monat Michel Serraille Verso propose à la parution de son numéro 138une lecture publique où seront mis en scène et en voix un choix de textes tirés de la revue. Entrée: 3 € buffet compris Verso revue fondée en 1977 
Lectures de juin 2009
- par Revue VERSO
le 17/05/2009 @ 19:25
LECTURES VERSO Le 5 juin 2009 à 18h45 Salle Franklin 7 rue d’Enghien (à côté de la mairie du 2ème arrdt) Lyon 69002 Cette lecture aura lieu exceptionnellement dans cette salle à cause des élections européennes. Poètes invités : Armelle Chitrit Patrick Dubost Barbara Savournin Geneviève Vidal Notamment Patrick Dubost présentera une performance inédite et surprenante. Muriel Carrupt, Régis et Audrey étant en tournée, la lecture du n° 137 sera assurée par Cécile Ochsenbein et Alain Wexler. Buffet habituel à la fin. 3 euros l’entrée, c’est à dire participation aux frais. Le 13 juin 2009 à 19h Librairie La Lucarne des Ecrivains 115 rue de l’Ourcq Paris 19ème Pour cette seconde édition liront André-Louis Aliamet Evelyne Morin David Rondin (Et un invité surprise) .../...
LECTURES VERSO Le 5 juin 2009 à 18h45 Salle Franklin 7 rue d’Enghien (à côté de la mairie du 2ème arrdt) Lyon 69002 Cette lecture aura lieu exceptionnellement dans cette salle à cause des élections européennes. Poètes invités : Armelle Chitrit Patrick Dubost Barbara Savournin Geneviève Vidal Notamment Patrick Dubost présentera une performance inédite et surprenante. Muriel Carrupt, Régis et Audrey étant en tournée, la lecture du n° 137 sera assurée par Cécile Ochsenbein et Alain Wexler. Buffet habituel à la fin. 3 euros l’entrée, c’est à dire participation aux frais. Le 13 juin 2009 à 19h Librairie La Lucarne des Ecrivains 115 rue de l’Ourcq Paris 19ème Pour cette seconde édition liront André-Louis Aliamet Evelyne Morin David Rondin (Et un invité surprise) 
Alain Wexler présente Verso à Paris
- par Revue VERSO
le 11/02/2009 @ 21:21
Samedi 21 février 2009, en soirée, à la Lucarne des Ecrivains 115, rue de l'Ourcq 75019 Paris Liront : Alain Wexler Fadila Baha Valérie Canat de Chizy François Gorin Camard Mathias Lair Isabelle Vaha .../...
Samedi 21 février 2009, en soirée, à la Lucarne des Ecrivains 115, rue de l'Ourcq 75019 Paris Liront : Alain Wexler Fadila Baha Valérie Canat de Chizy François Gorin Camard Mathias Lair Isabelle Vaha 
Alain Wexler est aussi photographe
- par Revue VERSO
le 27/12/2008 @ 19:39

Fin de l'expo : le 31 janvier 2009.

Fin de l'expo : le 31 janvier 2009. 
La présentation du numéro 135 est en ligne.
- par Revue VERSO
le 21/12/2008 @ 18:47
La présentation du numéro 135 est en ligne, comme promis. Vous la retrouverez en cliquant sur ce lien, ou dans la rubrique : "Zoom sur les 3 derniers numéros". N'oubliez pas non plus d'aller faire un tour du côté "Un peu d'elles et d'eux", car de ce fait, la rubrique s'enrichit à chaque numéro. Les photos et le compte-rendu de la dernière lecture (du 19 décembre 2008) seront également bientôt disponibles ... En attendant, Verso vous souhaite à tous d'excelllentes fêtes de fin d'année !!! .../...
La présentation du numéro 135 est en ligne, comme promis. Vous la retrouverez en cliquant sur ce lien, ou dans la rubrique : "Zoom sur les 3 derniers numéros". N'oubliez pas non plus d'aller faire un tour du côté "Un peu d'elles et d'eux", car de ce fait, la rubrique s'enrichit à chaque numéro. Les photos et le compte-rendu de la dernière lecture (du 19 décembre 2008) seront également bientôt disponibles ... En attendant, Verso vous souhaite à tous d'excelllentes fêtes de fin d'année !!! 
Annonce de dernière minute
- par Revue VERSO
le 20/12/2008 @ 09:44
Annonce de dernière minute Venez rencontrer Yannis ! 
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Annonce de dernière minute Venez rencontrer Yannis ! 

Le numéro 135 est sorti.
- par Revue VERSO
le 06/12/2008 @ 21:05

Très prochainement, vous trouverez en ligne la présentation du numéro 135, envoyé aux abonnés le 3 décembre 2008. .../...

Très prochainement, vous trouverez en ligne la présentation du numéro 135, envoyé aux abonnés le 3 décembre 2008. 
Lecture du 19 décembre 2008
- par Revue VERSO
le 06/12/2008 @ 20:43
Lecture du 19 décembre 2008 à 18h 45.
Salle Bourgelat 10 rue Bourgelat Lyon 2ème à côté de la Mairie. Un choix de textes du n° 135 sera mis en scène et en voix par des comédiens. Liront en alternance avec les comédiens : Georges Mathieu Marie-Ange Sebasti Michel Serraille Yannis Youlountas Georges Mathieu est publié aux éditions Henry. Marie-Ange Sebasti a publié "Presqu’une île" chez Marge Edition, "Marges arides" chez Jacques André, "La porte des lagunes" aux éditions Sang d’encre, "Villes éphémères" chez Jacques André. Michel Serraille est publié dans Verso depuis des années. Il va publier des nouvelles dans la revue Diérèse. Yannis Youlountas est poète, philosophe et romancier. Il a publié quantité d’ouvrages. Je vous conseille de consulter son site internet. Entre autres il lira des extraits de son dernier roman "Les Lèvres d’Athènes". Sa présence parmi nous est donc un grand événement. Buffet à la fin. Les trois euros de droit d’entrée ne sont en fait qu’une participation aux frais. .../...
Lecture du 19 décembre 2008 à 18h 45.
Salle Bourgelat 10 rue Bourgelat Lyon 2ème à côté de la Mairie. Un choix de textes du n° 135 sera mis en scène et en voix par des comédiens. Liront en alternance avec les comédiens : Georges Mathieu Marie-Ange Sebasti Michel Serraille Yannis Youlountas Georges Mathieu est publié aux éditions Henry. Marie-Ange Sebasti a publié "Presqu’une île" chez Marge Edition, "Marges arides" chez Jacques André, "La porte des lagunes" aux éditions Sang d’encre, "Villes éphémères" chez Jacques André. Michel Serraille est publié dans Verso depuis des années. Il va publier des nouvelles dans la revue Diérèse. Yannis Youlountas est poète, philosophe et romancier. Il a publié quantité d’ouvrages. Je vous conseille de consulter son site internet. Entre autres il lira des extraits de son dernier roman "Les Lèvres d’Athènes". Sa présence parmi nous est donc un grand événement. Buffet à la fin. Les trois euros de droit d’entrée ne sont en fait qu’une participation aux frais. 
Quand vous recevez la Revue...
- par Revue VERSO
le 26/10/2008 @ 12:51
... c'est aussi que, travailleuse de l'ombre, Liane Wexler s'est chargée de toute la logistique pour la Revue. Trésorerie, réception des chèques, comptabilité, préparation des envois, gestion des comptes, abonnements, préparation des étiquettes d'envoi, mise sous enveloppes, réalisation des buffets, etc... Tout ce travail souterrain est indispensable pour la pérennité et la survie de la Revue. Merci Liane ! Voir le diaporama ici .../...
... c'est aussi que, travailleuse de l'ombre, Liane Wexler s'est chargée de toute la logistique pour la Revue. Trésorerie, réception des chèques, comptabilité, préparation des envois, gestion des comptes, abonnements, préparation des étiquettes d'envoi, mise sous enveloppes, réalisation des buffets, etc... Tout ce travail souterrain est indispensable pour la pérennité et la survie de la Revue. Merci Liane ! Voir le diaporama ici 
Des nouveautés, des auteurs et des plasticiens
- par Revue VERSO
le 26/10/2008 @ 11:34
Chers visiteurs, le site de Verso a fait sa rentrée avec des nouveautés. Peu à peu, les rubriques se développent et s'enrichissent. Des liens permettent de naviguer plus facilement sur le site. Le compte-rendu de la lecture d'octobre est en ligne, ainsi que l'annonce de notre prochain rendez-vous : Lecture du 19 décembre 2008 à 18h 45. Salle Bourgelat (Lyon 2ème) N'oubliez pas de consulter régulièrement l'agenda, où vous retrouverez toutes les actualités, ainsi que les projets de Verso. Egalement en ligne, les articles concernant le numéro 134, avec des extraits, bien sûr. Le numéro 135 est déjà en cours de réalisation. Vous en trouverez le programme et le sommaire, dans les dernières nouvelles. La rubrique "Un peu d'elles et d'eux" s'est aussi enrichie : artistes, graphistes ou plasticiens font peu à peu leur entrée dans cet espace... A suivre... Bonne visite sur le site de Verso ! .../...
Chers visiteurs, le site de Verso a fait sa rentrée avec des nouveautés. Peu à peu, les rubriques se développent et s'enrichissent. Des liens permettent de naviguer plus facilement sur le site. Le compte-rendu de la lecture d'octobre est en ligne, ainsi que l'annonce de notre prochain rendez-vous : Lecture du 19 décembre 2008 à 18h 45. Salle Bourgelat (Lyon 2ème) N'oubliez pas de consulter régulièrement l'agenda, où vous retrouverez toutes les actualités, ainsi que les projets de Verso. Egalement en ligne, les articles concernant le numéro 134, avec des extraits, bien sûr. Le numéro 135 est déjà en cours de réalisation. Vous en trouverez le programme et le sommaire, dans les dernières nouvelles. La rubrique "Un peu d'elles et d'eux" s'est aussi enrichie : artistes, graphistes ou plasticiens font peu à peu leur entrée dans cet espace... A suivre... Bonne visite sur le site de Verso ! 
Le numéro 135 est à paraître !
- par Revue VERSO
le 19/10/2008 @ 10:17
Au sommaire du prochain Verso (le n°135) "Nous sommes de mots et de fables" Les dessins de Thierry Lambert Préface par Alain Wexler Jean-Michel Mayot Nicolas Gille Line Szöllösi Valérie Canat de Chizy François Charvet Cécile Ochsenbein Roland Dauxois Philippe Rosset Jean-Paul Gavard-Perret Thomas Grison Isabelle Vaha Jean Baptiste Pedini Sanford Fraser Olivier Aulry Jean-Marie Pieri Telma Desroses Nathalie Riou Pierre Rive Stéphane Bernard Salvatore Sanfilippo Marc Bonetto Véra Mund David Jérôme Eric Jouanneau Franck Legaud Jacques Lucchesi Eric Savina Barbara Savournin Thierry Ferrand Thomas Vinau Geneviève Vidal Notes sur les auteurs Chroniques de Jean-Michel Mayot Jean-Michel Guyot Jacques Lucchesi Lectures de Gérard Paris Jean-Paul Gavard-Perret Valérie Canat de Chizy Anne-Lise Blanchard Christian Degoutte Alain Wexler 4 ème de couverture : dessin de Sophie Wexler .../...
Au sommaire du prochain Verso (le n°135) "Nous sommes de mots et de fables" Les dessins de Thierry Lambert Préface par Alain Wexler Jean-Michel Mayot Nicolas Gille Line Szöllösi Valérie Canat de Chizy François Charvet Cécile Ochsenbein Roland Dauxois Philippe Rosset Jean-Paul Gavard-Perret Thomas Grison Isabelle Vaha Jean Baptiste Pedini Sanford Fraser Olivier Aulry Jean-Marie Pieri Telma Desroses Nathalie Riou Pierre Rive Stéphane Bernard Salvatore Sanfilippo Marc Bonetto Véra Mund David Jérôme Eric Jouanneau Franck Legaud Jacques Lucchesi Eric Savina Barbara Savournin Thierry Ferrand Thomas Vinau Geneviève Vidal Notes sur les auteurs Chroniques de Jean-Michel Mayot Jean-Michel Guyot Jacques Lucchesi Lectures de Gérard Paris Jean-Paul Gavard-Perret Valérie Canat de Chizy Anne-Lise Blanchard Christian Degoutte Alain Wexler 4 ème de couverture : dessin de Sophie Wexler 
Salon de la Revue à Paris
- par Revue VERSO
le 19/10/2008 @ 10:12
Salon de la Revue à Paris à l’espace des Blancs-Manteaux dans le Marais. C’était les 10, 11 et 12 octobre 2008. Ce salon, c’est l’occasion de revoir des amis et de toucher un public sensible à la poésie. Il y eut foule et Verso fit des affaires. Cela n’est pas négligeable pour une revue de poésie. Diffusion de la revue J’étais aussi à Paris pour déposer la revue chez de nouveaux libraires, sinon faire le point avec d’autres, ce qui m’a permis de faire le constat que toutes proportions gardées je vendais plus de Verso à Paris qu’à Lyon. J’avais d’ailleurs fait le même constat à Nantes. .../...
Salon de la Revue à Paris à l’espace des Blancs-Manteaux dans le Marais. C’était les 10, 11 et 12 octobre 2008. Ce salon, c’est l’occasion de revoir des amis et de toucher un public sensible à la poésie. Il y eut foule et Verso fit des affaires. Cela n’est pas négligeable pour une revue de poésie. Diffusion de la revue J’étais aussi à Paris pour déposer la revue chez de nouveaux libraires, sinon faire le point avec d’autres, ce qui m’a permis de faire le constat que toutes proportions gardées je vendais plus de Verso à Paris qu’à Lyon. J’avais d’ailleurs fait le même constat à Nantes. 
Du nouveau sur Verso
- par Revue VERSO
le 15/10/2008 @ 15:47
Le site a été mis à jour aujourd'hui. Vous trouverez en ligne de nouveaux textes d'auteurs, dans la rubrique "Un peu d'elles et d'eux", ainsi que des extraits du numéro 133 (Zoom sur les anciens numéros). L'article concernant le numéro 134 sera disponible très prochainement. Une nouvelle rubrique a aussi vu le jour sur le site... Devinez laquelle  Alors n'hésitez pas à venir nous voir régulièrement. Bonne lecture à tous .../...
Le site a été mis à jour aujourd'hui. Vous trouverez en ligne de nouveaux textes d'auteurs, dans la rubrique "Un peu d'elles et d'eux", ainsi que des extraits du numéro 133 (Zoom sur les anciens numéros). L'article concernant le numéro 134 sera disponible très prochainement. Une nouvelle rubrique a aussi vu le jour sur le site... Devinez laquelle  Alors n'hésitez pas à venir nous voir régulièrement. Bonne lecture à tous 
Le site a été mis à jour
- par Revue VERSO
le 05/10/2008 @ 20:32
Après ces mois d'été, le site de la revue Verso reprend son activité et vous invite à visionner ses derniers diaporamas. (cliquer sur la rubrique : "diaporama") Très prochainement seront aussi en ligne des photos de la lecture du 3 octobre 2008, et la présentation des 2 derniers numéros. Alors n'hésitez pas à revenir nous voir ))) .../...
Après ces mois d'été, le site de la revue Verso reprend son activité et vous invite à visionner ses derniers diaporamas. (cliquer sur la rubrique : "diaporama") Très prochainement seront aussi en ligne des photos de la lecture du 3 octobre 2008, et la présentation des 2 derniers numéros. Alors n'hésitez pas à revenir nous voir ))) 
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